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Aujourd’hui caricaturiste connu et reconnu, Pierre Kroll est né en République Démocratique du Congo, du temps du Congo belge. Il a étudié l’architecture et travaillé quelques temps dans ce domaine avant de bifurquer, milieu des années 80, vers le dessin, travaillant depuis lors, peu ou prou pour l’ensemble des titres de la presse belge. Pierre Kroll est aussi habitué des plateaux télé et radio. Ses travaux font l’objet d’expositions, de prix, de mise en valeur à l’étranger.

Pierre Kroll fait aussi partie de « Cartooning for Peace », projet initié par Jean Plantu (Le Monde) et les Nations Unies, qui tend à « promouvoir une meilleure compréhension et un respect mutuel entre des populations de différentes croyances ou cultures, avec le dessin de presse comme moyen d’expression d’un langage universel ». En 2013, l’Université de Liège lui a remis les insignes de Docteur Honoris Causa.

« Liberté », le thème de notre CreativeMornings de mai n’est pas un vain mot pour lui. Il nous en dit plus…

Que vous évoque le thème de la liberté ?

Mon métier de dessinateur de presse est curieusement, et on peut s’en étonner, celui qu’on rapproche le plus souvent du thème de liberté, plus encore qu’avec les journalistes ou les reporters. Plusieurs films sont d’ailleurs sortis sur le sujet, récemment « Caricaturistes – Fantassins de la démocratie » ou encore « Fini de rire ». Aux dessinateurs de presse, on pose régulièrement la question de la censure, même dans nos pays démocratiques. On me demande souvent si beaucoup de mes dessins sont refusés ou censurés. On donne aux dessinateurs de presse un rôle de révélateur du degré de liberté, de liberté d’expression et de liberté de la presse, même si ce n’est pas tout à fait la même chose.

Et que vous évoque le thème de la liberté par rapport à la créativité ?

La liberté de création est plus grande dans le dessin de presse que dans le dessin en général. Il y a un besoin de se renouveler en permanence. Et je ressens personnellement ce besoin de ne pas refaire la même chose, que les dessins ne soient jamais les mêmes, pour éviter l’ennui. J’accorde donc de l’importance au fait de garder une certaine liberté, pas seulement sur le fond, mais aussi dans la forme, une liberté de trait. Même si je fais une erreur, par exemple en dessinant une main proportionnellement trop grande ou trop petite par rapport au corps, je préfère ne pas corriger et garder cette part de liberté. Le dessin de presse est un dessin plus libre.