Par Jessica Beauplat
En attendant le jour où un robot viendra me porter un verre de limonade sur le bord de la piscine durant une journée de canicule, je me suis entretenu avec Ilian Bonev, titulaire de la Chaire de recherche du Canada en robotique de précision. Il est également fondateur du Parallel Mechanisms Information Center (ParalleMIC) et responsable du Laboratoire de commande et de robotique (CoRo) de l’École de technologie supérieure (ETS) où il enseigne.
On a souvent cette image de robot un peu enfantine dans notre tête. Dans la vie de tous les jours où peut-on retrouver des robots?
Évidemment que le terme robot est très vaste, surtout quand il est utilisé dans les journaux et magazines grand publique. Parfois il y a des articles pour la maison qui sont étiquetés comme étant des robots et ça ne l’est pas.
Dans la vie de tous les jours on retrouve bien sûr les aspirateurs iRobot qui sont largement utilisés. Pour ce qui est des robots humains, je peux vous le dire tout de suite il n’y en a pas.
J’ai eu la chance de voir un vrai robot humanoïde, ça coute très cher 800 000$! Il n’était pas très intelligent mais au moins il pouvait marcher.
Il y a notamment une compagnie Française qui a été acheté par une compagnie Japonaise, qui fabrique un petit robot humanoïd, ayant une vocation éducationnelle. Celui-là est plus abordable et coûte aux environs de 6000$. C’est un très beau jouet qu’on peu programmer.
Un robot qui s’en vient et qui est très intéressant, a été fait par un professeur du MIT. Il est un peu comme Siri mais en version plus intelligente. Il a une tête qui tourne avec un écran. Les robots industriels, C’est vraiment ce qui est en train d’exploser en ce moment, surtout à cause de la Chine. On en fabrique environ 130 000 par année. Cet engouement est dû en partie à la main d’œuvre qui est de plus en plus cher, et les robots qui sont de moins en moins cher.
La nouvelle
tendance est d’ailleurs aux robots collaboratifs. Ils sont presque aussi performants
que les robots industriels mais leur grand avantage est qu’on peut se tenir à
côté de ce robot. En effet, dans le cas du robot industriel, il n’a pas de
capteur pour percevoir les gens. S’il nous frappe c’est assez puissant, il faut
donc les mettre en cage et du même coup automatisé tout le procédé. À ce moment
le coût du système informatique est plus important que le robot lui-même.
Tandis que pour les robots collaboratifs, on peut les mettre n’importe où. Bon en suivant la logique, pas de couteau dans la main du robot, pas de coin perçant, par exemple. Il peut aller chercher une pièce et le donner à un opérateur qui est à coté de lui ou tout simplement le mettre dans un bac. Les opérateurs n’ont pas à craindre de se retrouver en présence du robot.

Deux des robots collaboratifs du laboratoire. En rouge, le Baxter de Rethink Robotics et l’UR5 de la compagnie danoise Universal Robots.
Les robots collaboratifs sont à l’opposé des robots industriels. Toutefois ils ne peuvent pas soulever d’objets lourds. Par contre, ce qui est intéressant c’est qu’ils viennent avec des caméras, ils ont donc une vision, ils sont plus intelligents, et plus facile à programmer.
Comme cette catégorie est en plein essor en ce moment, il y a de plus en plus de compagnies qui se lancent dans la fabrication de robots. Quand j’enseignais il y a dix ans il y avait environ deux nouveaux modèles par année. Aujourd’hui je dois mettre à jour les informations pour mon cours beaucoup plus souvent. C’est incroyable de constater le nombre de nouveaux robots qui sortent sur le marché! C’est un domaine très dynamique
Même Google se lance là-dedans maintenant. Ils viennent d’engager un des spécialistes de la plus grosse compagnie en robotique, sans parler d’Amazon et pour ce qui est des drônes aussi ça explose. C’est quelque chose qu’on va voir de plus en plus. Le monde de la robotique a beaucoup évolué.
À L’ETS nous avons plusieurs types de robots, industriels, bras mécaniques, découpeuse laser, etc. En ce qui concerne les robots qu’on fabrique, c’est des robots parallèles. L’imprimante 3D par exemple est un type de robot parallèle.

Un des robots parallèles développé au laboratoire.
À l’école, on fait principalement cinq types de robots parallèles. Le rôle de l’université c’est de former des gens de l’industrie. Des fois on fait des trucs super utile des fois plus expérimentale. Il faut se permettre de pouvoir expérimenter.